Les lions indomptables domptés

Publié le par Afrikatrip

Les lions indomptables domptés
Rassurez-vous, même si nous reprenons la plume (ou le clavier pour les initiés) avec un peu de retard, nous pouvons en effet vous annoncer, non sans un brin de fierté, que nous sommes sortis du Nigeria sans participer au sport national Nigerian: l'engraissage des forces de l'ordre!

Nous sommes donc partis à l'aube le vendredi matin afin de parcourir le plus de kilomètres avant la nuit (nous précisons que le douanier, dans sa grande bonté et malgré un visa d'un mois, ne nous a apposé qu'un tampon de 5 jours sur nos passeport pour traverser le pays). Les deux premières heures de route se sont passées sans problème, à part le pompiste qui a tenté de nous faire payer le plein de la voiture précédente, mais sans succès!

Prévenus par d'autres routards, nous constatons et sommes tout de même surpris par l'accueil des policiers nigérians, Kalachnikov en bandoulière et Ray Ban sur le nez. Imaginez un peu les cow boys des temps modernes dans leurs 4X4 pick-up avec des sirènes dignes d'un bon Star-Wars!
Malgré tout ils ne sont pas méchants, mais à chaque contrôle la phrase d'accueil est "Give me monney", d'autres utilisent la variante "Any good news for me?". Tout ça est à prendre avec un grand sourire et quand nous leur disons que la seule chose que nous avons à leur offrir est une bouteille d'eau ils nous laissent partir sur le champ. En effet, en découvrant l'état de nos bouteilles, portant les stigmates de plus de 10 000 kms de voyage, ils ne nous retiennent pas plus longtemps.Nous nous arrêtons pour la nuit à Bénin City. Pour être en sécurité, et c'est vraiment contre notre volonté, nous sommes obligés de dormir à l'hôtel! Nous trouvons une chambre dans le premier hôtel de la ville qui s'apparente à un palace. Nous négocions un tarif étudiant pour la nuit et en conséquence nous avons droit à la chambre premier prix, où il suffit de donner un bon coup d'épaule pour rentrer dans la chambre... Peu importe, le principal est de dormir en toute tranquillité.
Le lendemain, levé 6h pour une journée qui s'annonce riches en contrôles. En effet, entre 9 h et 15h nous serons arrêtés pas moins de 75 fois avec parfois plusieurs barrages par kilomètres. C'est un peu épuisant nerveusement, surtout qu'il faut à chaque fois discuter pour ne pas remplir leurs poches! En début d'après-midi, un trou au milieu de la route a eu raison de la jante avant-droite de notre bolide. C'est donc au Nigeria, dans la région du Delta (pas la plus accueillante pour les touristes), sur le bas côté que nous devons sortir le crick et changer de roue pour la première fois depuis le début du voyage. 800 mètres après être repartis, nous subissons le contrôle le plus pointilleux du périple et devons prendre sur nous pour garder notre calme. Le policier contrôle phares avant, phares arrière, warning, papiers et va même jusqu'à tester notre extincteur qui grâce à lui est désormais hors d'usage. Ne trouvant rien à nous reprocher, il invente une fausse panne d'un phare et nous réclame 20 000 Naira (100€). Persuadés que nous n'avons rien à nous reprocher, nous refusons et lui disons que nous sommes prêt à aller au poste ou même à dormir sur place. Voyant qu'il n'obtiendra rien de nous, après 20 minutes d'âpres discussion il nous laisse reprendre la route.
Nous nous arrêtons pour passer la nuit à Enugu. Sur le parking de l'hôtel, à coups de marteau, nous remettons notre jante en état de marche. Par chance le pneu n'est pas crevé. Après un check-up général de la 4L et un formidable sandwich vache qui rit/chips en guise de dîner nous tentons de dormir malgré le chanteur du bar restaurant qui braille sous notre fenêtre.
Après un nouveau réveil matinal, nous entamons notre cinquième jour au Nigéria et devons atteindre la frontière camerounaise dans la journée pour ne pas être hors la loi. Sur notre carte, la route semble goudronnée et ne poser aucun problème. Mais nous déchantons rapidement quand nous attaquons nos premiers kilomètres de piste et qu'une tranchée remplie d'eau vient nous barrer la route. Nous nous arrêtons devant, étudions la situation et concluant que nous ne pouvons passer ni à droite ni à gauche décidons de foncer tête baissée droit devant en fermant les yeux! La voiture est couverte de boue mais son moteur tourne toujours comme une horloge. Nous ne retrouverons le goudron qu'en début d'après midi, peu avant la frontière. Nous tenons tout de même à signaler que malgré la corruption, et l'envie désespérée de s'en mettre plein les poches, les nigérians ont été plutôt gentil avec nous, généralement amusés par la carte dessinée sur la voiture. Cependant nous avons constaté à plusieurs reprises que la tension monte vite. Plusieurs fois, nous assistons à des bagarres, et ce à côté des policiers qui nous controlent, parfois même entre policiers et civils (la Kalachnikov à la main...). Le paysage est aussi très beau, dans la continuité de ce que nous avions vu au Bénin, des arbres gigantesques, palmiers, cocotiers, manguiers...  

Quand nous arrivons au poste frontière, le douanier nous annonce une très bonne nouvelle. Les 80 kilomètres de piste qui séparent la frontière de la première ville camerounaise devaient nous prendre 3 jours et auraient dû être un passage très compliqué pour nous. Mais apparemment, la piste vient d'être refaite par les chinois. Nous avons envie d'être content mais préférons l'être lorsqsue nous atteindrons la-dite route. La douane se passe bien, d'un côté comme de l'autre, et en 20-30 min nous passons les deux frontières. Nous nous retrouvons donc sur LA route, et sommes en effet agréablement surpris par la piste toute refaite. Nous mettons 1h30 - 2h là où il y a 10 jours nous aurions dù mettre 3 jours. Nous arrivons à Mamfé le soir, prévenons le Consulat de France au Nigéria que nous sommes sortis du pays en un seul morceau, et cherchons un lieu pour dormir. Nous sommes tout d'abord surpris par le fait que le Cameroun possède deux provinces anglophones, celle par laquelle nous arrivons ainsi qu'au nord ouest du pays. C'est donc en anglais que Martin va négocier le prix du camping ce soir-là... Martin revient tout sourire en disant: "C'est parfait, camping pour 2000 CFA (= 3 euros)". Nous commencons a nous installer et à déguster le saucisson que Christine nous a donner à Lagos afin de fêter notre sortie du territoire nigérian. Plus tard, et sentant la pluie arriver nous demandons s'il est possible de mettre la tente sous le auvent. Ne comprenant pas le mot "tent" ou "camping" nous essayons de faire comprendre que nous voulons camper. "it's not possible, room at 8 000 (donc 2 chambres = 1 6000), 2 000 for the car"... "Martin, tu as eu combien au TOEFL?" Nous arrivons tant bien que mal à négocier une chambre à 5 000, et rien pour la voiture... Le lendemain nous partons pour Bamenda, ville départ du circuit de la "Ring Road" surplombant les collines et lacs de cette région. La carte Michelin nous a une nouvelle fois indiqué une route qui n'en était pas une... Cratères, passage de flaques faisant la largeur de la route, chemin caillouteux... Nous avons même poussé la voiture dans une montée ! Résultat; 70 km en 5h30, et des grosses frayeurs pour la voiture. Nous choisissons donc de ne pas faire le circuit prévu et de redescendre sur Limbe, à l'extrème sud ouest du pays, au pied du Mont Cameroun. Arrivés à bont port, nous cherchons l'hôtel Miramar indiqué sur notre bon vieux Lonely Planet. A notre arrivée, nous rencontrons un groupe de trois 4x4 allemands, faisant le même parcours que nous (www.road-to-south-africa.com). Très sympa, nous allons diner tous ensemble dans un bar à côté de la plage, où Martin déguste du poisson grillé et Guillaume un bon sandwich au pâté. Nous discutons du pays, de nos aventures respectives, et tout ceci autour d'une bonne bière ! On peut tout de même noter qu'ici la bière  de 66 cl coûte environ 90 centimes et est donc moins chère que la bouteille d'eau d'un litre qui coûte à peu près 1,2 euro. Le lendemain matin vers 8h, n'ayant rien pour le petit déjeuner, nous nous gavons d'un bon sandwich au pâté, un petit mâchon en quelques sortes (vous ne savez pas ce qu'est le mâchon? www.lemachondesgones.fr). Nous allons ensuite faire un petit saut sur la "8 mile beach", plage de sable noir dû aux éruptions volcaniques du Mont Cameroun. De Limbe, nous nous dirigeons ensuite vers Douala, où nous sommes accueillis par les Girardin, amis des Cottin qui nous avaient hébergés à Bamako. Nous trouvons là un petit havre de paix, avec piscine et petit pastis à l'heure de l'apéro ! Nous sommes ensuite accueillis chez Paul et Marie Alix, où nous discutons beaucoup des petites anecdotes du quotidien qui pimentent la vie d'entreprise. Nous faisons une petite escapade par Kribi, où nous passons le week-end sous la tente dans un hôtel au bord de la plage, sous les cocotiers, lézardant sur les transats en écoutant le bruit des vagues... Nous faisons un petit tour par les chutes de la Lobé, chutes qui se jettent dans la mer.
 
Après cette halte balnéaire, nous nous dirigeons vers Yaoundé, capitale politique du Cameroun. Sur le chemin ,nous faisons une halte à Pouma, où nous sommes reçus "au château" par Berttrand et Clarisse, coopérants gérant l'hôpital catholique de Pouma. Partie de foot, soirée autour de quelques bières, et visite de l'hôpital au programme. Nous les quittons le lendemain après midi et reprenons l'axe lourd (axe le plus meurtrier d'Afrique) pour arriver à Yaoundé. Nous y passons quelques jours, le temps de faire les visas du Gabon et du Congo. 
 
Nous reprenons la route ce vendredi vers Ebolowa et la frontière gabonaise.
 
Pour les photos, c'est ici 
 
Ici Yaoundé, à vous les studios.
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Claire Bévierre 26/05/2010 21:44



bravo mon neveu ! Grande fierté des ancêtres qui suivent avec attention ton périple... et sont soulagés de vous savoir sortis tous deux indemnes  du Nigéria. Onc' Marco et Tante Claire



Tinmar 26/05/2010 10:17



Allez les gars ! les aventures continuent et ça fait toujours autant plaisir de vous lire !


La bonne bise.



Christine Grimaud 22/05/2010 15:49



Contente de vous savoir sortis du Nigeria sains et saufs!!! Je lis vos aventures et je me rends compte que la traversée du delta du Niger n'a pas été une partie de plaisir. Bravo pour avoir
réussi à braver les différentes difficultés. Bonne continuation pour vos prochaines aventures et bonne chance.


CHRISTINE



Cotte alain et annie 19/05/2010 18:44



Toujours des grands bravo : sortis du Nigéria sans problèmes majeurs, des belles aventures, des très belles photos et une littérature à publier !!!!!!


Des bises à vous deux


Annie et Alain


Mamoune et Grand-Père