Sur la route de Ouagadougou

Publié le par Afrikatrip

Sur la route de Ouagadougou

Après un week-end Pascal dans la mission catholique de Bamako, nous avons pris nos quartiers d'été chez les Cottin, amis de la famille de Martin. Nous avons été reçu comme des rois par toute la petite famille. Nous avons mangé équilibré, profité de la piscine, dormi dans une chambre climatisée et joué les babysitters pour toute la fratrie (6 quand même!). Nous étions arrivés le lundi soir et pensions repartir sagement le mercredi matin, mais la maladie est passée par là (plus communément appelée la "tourista") et a terrassé Martin pendant une journée...surement un bout de viande pas très frais!

Avant le départ nous avons été gâté par nos hôtes, qui nous ont offert un pot de Nutella pour penser à eux tous les matins! Ils nous ont également donné une multitude de contacts et indications pour la suite de notre route.

Nous avons donc quitté Bamako jeudi matin en direction de Ségou. De Ségou, sur conseils des Cottin, nous avons quitté la route principale pour longer le Niger entre les marécages. Le soir, nous avons arrêté notre monture près d'une maison de pêcheur, où nous avons demandé à Mama, le  propriétaire de la batisse, si nous pouvions planter notre tente. Avec un grand sourire il nous a répondu qu'il n'y avait aucun problème (enfin c'est ce qu'on a cru comprendre avec son français approximatif!).

Après une nuit courte et chaude (imaginez vous dormir à deux dans un hammam de 2m² et vous aurez un bon aperçu de notre nuit!) nous sommes partis en direction de Djenné et de sa fameuse mosquée. Pour nous y rendre, un bateau pour traverser le Niger et trois heures de piste ont été nécessaire. Si nous étions excités de faire un peu de piste, nous avons été déçu de notre passage à Djenné. La bourgade est salle et poussiéreuse, les vendeurs ambulants sont très tenace et la mosquée est en travaux et interdite aux non musulmans. Comme nous ne nous sommes toujours pas converti nous n'avons donc pu visiter la "merveille"! Après cette courte visite nous avons rejoins Mopti pour la nuit.

Nous avons dormi sur le toît de l'hôtel "Ya pas de problème", où nous avons fait la connaissance de quelques "Peacecorp"  américains. Volontaires depuis 2 ans  dans des villages au Ghana ils étaient en vacances pour quelques jours dans la région. Soirée sympa sur la terasse de l'hôtel à parler anglais et boire des canonsafin de fêter l'anniversaire de l'un d'eux!

Nous repartons le lendemain matin en direction du fameux Pays Dogon, peuple vivant principalement sur la falaise le long de la frontière burkinabée. De Mopti, nous mettons 1h30 pour arriver à Bandiagara, puis 2h30 pour effectuer les 45km qui nous séparaient de Sanga. La piste est cabossée, nous avançons à 20km/h en slalomant entre les ornières, trous, vaguelettes et pierres. Nous devenons pro de la conduite cross-country, Sebastien Loeb peut aller se rhabiller!! Arrivés à Sanga, nous sommes accosté par un guide, Issa, qui nous propose une visite des villages alentours ainsi que la falaise de Bandiagara. Après âpre discussion du prix, et ravitaillement en eau, nous partons pour une petite visite culturelle. Nous avons longuement hésité à prendre un guide, mais il s'est avéré indispensable afin de comprendre la culture et les traditions.

Dans ces villages, nous avions l'impression d'être dans un monde parallèle, où dans un reportage sur Arte le dimanche soir. En effet, Issa nous présente les différents lieux du village;

- La case à palabres, sorte d'assemblée municipale où les vieux sages du village se rassemblent pour discuter des problèmes du village.

- Le Hogon. C'est le chef du village, le fétiche, le guérisseur... On devient Hogon lorsqu'on est le plus âgé du village et que le précédent décède. Le Hogon, malgré tous ses pouvoirs, ne sort pas de sa case de la journée. Sa femme doit rester à la maison pour lui faire les repas (comme au bon vieux temps!).

- Les tables divinatoires. Ce sont en quelques sortes, les réponses aux questions des gens du village. Concrètement, le Hogon, avant la tombée de la nuit, dessine des rectangles dans le sable dans lequel il dispose des petits bâtons représentant la question posée (bon mariage? bonne récolte? maladie?). La nuit, des renards sont censés passer sur les rectangles, et en fonction des bâtons qu'ils font tomber, la réponse est bonne ou mauvaise. Le lendemain, chacun peut venir voir sa réponse et reposer la même question pour le lendemain.

- La case des femmes à règles. C'est une case au milieu du village où vivent les femmes qui ont leur règles. Considérées comme impures, elles peuvent travailler la journée, mais ne peuvent rentrer dans leur famille ensuite. Elles dorment dans cette case.

Nous nous arrêtons ensuite quelques instants pour admirer la falaise de Bandiagara, haute d'environ 390m, elle se jette dans le désert.

Après cette visite fort enrichissante, nous plantons la tente sur le toit d'un hôtel à Bandiagara pour 2 euros la nuit.

Le lendemain, après de longues heures de pistes harassantes en raison de la température avoisinant les 45°C et de l'état de la route, nous passons la frontière burkinabée facilement et atteignons Ouagadougou en fin de journée. Nous passons la nuit dans la mission catholique, que nous quitterons le jour suivant. En effet, un bemien de Dakar nous avait laissé les coordonnées d'un de ses amis à Ouaga. Après être allés voir le Lycée français nous nous empressons de le contacter. Très accueillant, Soumaila propose spontanément de nous héberger. Nous passons quelques jours à nous reposer chez lui devant le tournoi de Monte Carlo...il faut bien décompresser de temps en temps! Mais les multiples coupures de courant ont considérablement restreint nos heures de télévision (2 heures de courant par jour!!). Cela peut paraitre invraisemblable mais dans ce cas, toute la ville tourne au ralenti:plus de feux tricolores, plus d'ordinateur, plus de climatisation...

Nous avons aussi découvert les joies d'un vrai dîner africain: tous assis autour d'un même plat et on pioche dedans avec les mains!

Nous partons aujourd'hui pour Niamey au Niger.

Nous avons oublié de vous dire que nous avons modifié notre parcours. Nous avons décidé de passer par le Bénin et le Nigéria plutôt que par le Tchad. Il est très difficile d'obtenir un visa pour le Tchad et la route semble impraticable pour une 4L.

Pour les photos c'est ici!

 

 

 

 

 

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pierre jacquelin 18/04/2010 12:17



Super les photos ainsi que le commentaire de votre périple, ça donne envie d'y être... Bon vent pour la suite et bravo pour tout ce que vous avez déjà accompli.



Capu 17/04/2010 12:54



Salut les aventuriers !


Maman se fait du souci quant à votre passage au Nigeria, alors SOYEZ PRUDENT. Vos photos sont top, vous avez un peu trop de barbe, mais ca ne vous va pas si mal finalement ;).


Bécots


PS: Martin j'ai trouvé un job à St étienne pour 3 mois (j'ai hâte d'aller dans cette belle ville!)


PS 2: Prie pour mes résultats de concours.


Have fun and take care.



15/04/2010 21:29



Petit rappel pour éviter un retour trop brutal au pays: les Hogons n'existent pas en France...!


Pleins de bisous à vous deux, merci pour toutes ces news!


G



Cotte alain et annie 15/04/2010 19:25



oublié de vous dire que vos photos sont géniales


GP


 



Cotte alain et annie 15/04/2010 19:23



Encore bravo, vous êtes toujours aussi passionnants à lire; nous sommes contents que l'adresse des COTTIN ait été super pour vous.


Des bise à vous deux


GP & Mamoune