Sur les chemins de la corruption...

Publié le par Afrikatrip

Sur les chemins de la corruption...

Nous vous avions prévenus de notre changement de route, vous n'allez pas être déçu...

Après notre départ de Ouagadougou nous avons dormis dans un petit village de brousse à quelques kilomètres de la frontière du Niger. Le matin, sur demande du chef du village nous avons laissé un T-shirt et quelques casquettes pour les enfants du village puis nous avons roulé en direction du Niger. Nous sommes arrivés à la frontière en fin de matinée. Passage sans problème particulier. Arrivés à Niamey, quelques heures plus tard, nous nous sommes rendus directement à l'ambassade du Nigéria pour avoir nos visas le plus vite possible. Malheureusement, nous étions vendredi après-midi et le service des visas était fermé depuis peu... Nous devions revenir lundi matin. L'idée de passer le weekend à Niamey ne nous réjouissait pas plus que ça mais nous n'avions pas le choix si nous voulions avoir une chance de découvrir le pays le plus corrompu d'Afrique! Nous sommes alors partis à la recherche du seul camping de la ville. Nous commençons à nous y installer, lorsqu'une voiture immatriculée au Nigéria se gare à côté de nous. Nous commençons à discuter avec lui de l'état des routes, de la sécurité, lorsqu'il nous demande si nous avons notre visa. Nous lui disons que nous sommes passés mais que c'était fermé. "Pas de problème je travaille à l'ambassade, si vous voulez je fais un petit appel et vous pouvez l'avoir tout à l'heure..." 45 min plus tard, nous revenons avec nos deux passeports tamponnés et en règle ! Un exploit, d'autant plus qu'il nous a laissé sa carte sur laquelle est inscrit au milieu en gros "Minister", plutôt pratique en cas de futurs problèmes.... en tout cas nous l'espérons ! Nous sommes tout de même restés le week end car nous devions rendre visite au lycée francais de Niamey. Nous avons donc séjourné la première nuit dans le camping touristique, puis à la case de passage « France Volontaire ». Cette dernière n’était d’ailleurs pas très chère et plutôt confortable (lit-wc-douche-ventilo), donc nous la recommandons vivement. Niamey est une de ces capitales d’Afrique occidentale, bondée et dont les températures atteignent des sommets… Nous avons subi un pic terrible à 49 degrés…. !! Niamey est aussi la ville où nous avons croisé (dans leurs 4x4 teintés) le plus de blancs. En effet, la capitale du Niger est une plaque tournante des ONG travaillant en Afrique de l’ouest. Culinairement parlant, nous avons mangé beaucoup d’omelettes qui semblaient être la spécialité du pays. Nous avions tout de même hâte de descendre plus au Sud pour retrouver un peu de fraicheur.

C’est chose faite lorsque nous avons atteint le Nord du Bénin, avec une végétation plus dense et verdoyante, et des températures enfin en baisse. Nous avons ainsi dormi quelques nuits sous la moustiquaire dans les jardins des hôtels ; solutions peu chère et plutôt sécuritaire. Nous avons traversé des paysages plus jolis les uns que les autres ; les cascades de la Kota où nous avons fait trempette ou encore le panorama de Koussoucoingou. La route n’étant pas très bonne, nous perdons notre pot d’échappement qui sera installé sur le toit en attendant mieux. Nous en profitons pour remercier notre assistance à l’étranger en la personne de Pierre qui nous trouve toujours un petit peu de temps en cas de pépin pour que la voiture continue d’avancer sur ses 4 roues…

Nous avons ensuite été accueillis à Parakou à l’oblat Saint Francois de Salles par le Père Symphorien qui nous a offert gîte, couvert et une salle de bain. C’est ici que nous avons sacrifié nos barbes après 1 mois, 16 jours et une heure d’une vie longue et heureuse. Après avoir passé une super soirée en compagnie du Père Symphorien, nous nous sommes dirigés vers la ville d’Abomey, capitale du vaudou et berceau des rois Dahomey, connus pour leur implication dans la traite des noirs et leur réputation sanguinaire. Nous avons donc visité le musée des rois Dahomey regroupant les palais des rois Glélé et Guezo. Notre guide, une descendante du roi Glélé, nous offre ainsi une visite en omettant complètement ces deux aspects et en ne répondant que partiellement à nos questions. Cela lui semblait normal qu’à la mort du roi, 41 femmes ‘volontaires’ s’enterrent vivantes à ses côtés… Le bouquet final arrive lors de la fin de la visite, avec un cinglant « bon c’est fini salut » en guise d’au revoir. Et dire que nous l’avons payé en plus (3000CFA = 4€) alors que son salaire était déjà compris dans le ticket d’entrée… Le soir nous dormons en camping « Chez Monique ». Nous avons ainsi fait la rencontre de William, neveu de la patronne, avec qui nous discutons de longues heures sur le vaudou. Quelques perles ;

« Au début, les gens étaient tous vaudous, et puis après ils ont voulu faire la fête, boire de l’alcool et ils sont devenus catholiques… »

« Vous êtes catholiques ? (éclats de rires) non non je ne vous crois pas, les catholiques ne s’habillent pas comme ca… » (Chaussures bateaux, short, t-shirt/polo). Nous n’avons jamais su comment les catholiques s’habillaient, mais en tout cas il  a beaucoup ri.

Après cet intermède culturel, nous rencontrons Yves et Nicolas, en vacances. Le premier est professeur au lycée francais de Lomé et le deuxième viticulteur dans la région de Pau. Rencontre improbable certes, mais mémorable soirée autour de quelques cigarillos et d’alcool local, le Sodébi (vin de palme distillé).

Nous comptions ensuite nous diriger vers Ouidah, ville-mémorial de la traite des Noirs, mais notre première pluie est venue nous en dissuader. En 15-20 minutes de pluie, auxquelles il faut ajouter les ornières, et nombreux cratères qui apparaissaient devant nous,  les routes étaient difficilement praticables avec la 4L. Nous nous sommes donc dirigés vers la capitale du pays, Cotonou. Aux premiers abords, Cotonou nous a semblé bien plus développés que les pays traversés depuis Dakar. Nous avons ainsi pu trouver un ‘leader price’ ce qui constituait pour nous un indice de développement certain. Nous y avons tout d’abord rencontré Baptiste, amis de Nicolas rencontré la veille, et VIA à l’ambassade de France dont la mission se terminait en juin. Nous avons ensuite été accueillis par la famille de Bailliencourt qui nous a royalement reçue malgré  un départ en avion, un anniversaire et un enfant d’amis à garder !! Nous sommes choyés par toute la petite tribu et avons la chance de  rencontrer certains de leurs amis. Le premier, président de CFAO au Bénin nous a donné quelques conseils sur le pays ainsi que des précieux contacts dans les pays à venir. Le deuxième, président de Bureau Veritas Bénin nous emmène passer la soirée autour d’une bonne pizza et de quelques pintes (pour ne pas se laisser abattre et fêter la naissance de sa fille !!) et nous a régalé d’anecdotes croustillantes sur le pays et ses mœurs. Nous passons donc quelques jours entre les jeux de sociétés (où nous sommes toujours invaincus…), les ballades en voiture et un repos bien mérité…

Nous faisons nos adieux aux Bailliencourts puis nous sommes partis vers le Nigéria. Le Nigéria, terre de corruption et d’arnaques en tous genre, pays qui nous ravit d’avance. Nous nous blindons psychologiquement pour ne pas nous énerver sachant déjà que notre patience sera mise à l’épreuve. Nous passons la douane béninoise sans trop de problèmes. La douane nigériane quant à elle, fait honneur à sa réputation.

« Vous êtes francais et votre visa à été fait au Niger, il n’est pas valable » Voilà les quelques mots prononcés par le douanier lors de la présentation de notre visa. Evidemment, les ‘facilitateurs’ (personne travaillant plus ou moins à la douane qui nous présente aux bonnes personnes contre petite rémunération) nous disent qu’à moins d’un petit cadeau nous risquons de repartir vers le Bénin. Mais le « we’ve got time », un chinois qui commençait à sérieusement s’exciter et donc beaucoup plus intéressant que nous, et la carte du président directeur général de CFAO malencontreusement tombée par terre à ce moment et qui a fait son petit effet ont eu raison de leur patience. Sans rien lâcher nous quittons donc la frontière 2h30 plus tard. Malgré les dires de nos prédécesseurs sur la route, nous ne croisons qu’une quinzaine de barrages de policiers et nous ne sommes pas arrêtés une seule fois, peut être « l’effet 4L » qui fait plutôt sourire les policiers. Pourvu que ca dure !!

Nous atteignons enfin Lagos, capitale économique du pays. Nous emboitons la roue aux plaques d’immatriculations ‘LAGOS, centre of excellence’ et nous lançons dans les impressionnants embouteillages (ou go-slows) qui font la réputation de la ville. La conduite devient très sportive ; la route n’est pas toujours goudronnée, ou mal goudronnée, les innombrables motos-scooters-mobylettes déboulent de tous les côtés en même temps, et cet incessant bruit de klaxon vient ajouter une petite touche de poésie à ce beau vacarme urbain. Lagos c’est un peu Bagdad dans New York avec cependant une végétation tout de même bien présente et bien verdoyante. Les grands immeubles modernes d’où sortent des 4x4 plus impressionnants les uns que les autres côtoient la misère des bidonvilles ou des squats dans des maisons ou apparts toujours en construction. Dans la rue, de nombreux vendeurs souvent entre 15 et 30 ans profitent des go slows pour se faufiler entre les voitures, toquer à chaque fenêtre et tenter de vendre leur marchandise : mouchoirs, chips, miroirs, cuvette de toilette, journaux, paquets de cigarettes… tout est possible !! Il faut parfois 1h pour faire 4 ou 5 km. Les nigérians que nous croisons sont tous très sympas, et sont souvent curieux de notre parcours, de notre projet, et cel plus que dans les autres pays. Nous tenons aussi à célébrer quelques petits anniversaires puisque nous venons de parcourir notre 11 000ème kilomètre et que la voiture à fêter à Lagos ses 200 000 kilomètres !!! Nous sommes accueillis par Jacques et Christine dans leur bel appartement, où nous disposons d’une chambre chacun avec clim et douche perso, mieux qu’à l’hôtel !! La journée, nous faisons quelques courses, réglons nos problèmes de visa camerounais et revenons avant la nuit tombée. L’ambiance est très sympathique, les discussions animées et intéressantes, et la gastronomie bien française (saucisson, bon vin, un petit pastis à l’heure de l’apéro, magret de canard….) ce qui nous rend d’autant plus triste de les quitter. Nous partons donc pour la route centrale qui passe au Cameroun par le poste de frontière d’Ekok. Le Consulat nous a en effet fortement déconseillé de prendre le bateau à Calabar pour Limbe, celui-ci étant régulièrement attaqué par des pirates.

Nous prenons donc la route demain matin, et vous tiendrons informés de notre avancée dès que nous le pourrons !!

A bientôt, et allez l’OL quand même… !!

Pour les photos c'est ici.

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Commenter cet article

manon ! 22/05/2010 11:40



wahouuu ! une petite soiree ou je vois ton frere, Guillaume, et hop : j'apprends que vous etes ..... en afrique pour un voyage de folie !!!


pas la peine de vous dire, que 7 heures plus tard je lisais émotionnellement vos aventures !!! vous me faites rever les garcons !!! je vous envie trop de vivre des choses comme ca ! continuez
avec vos mails, on a l'impression d'etre a vos cotés ! ;)


je vous embrasse super fort tous les deux et zouu : une personne de plus qui pense à vous tous les jours !!!



Guilecousin 13/05/2010 16:21



Yes!


Que de bonnes nouvelles! C'est un site qui envoie du pâté!!


Je vous envie bien de partir au bout du monde... je suis content de voir que vous allez bien. Votre retour est prévu quand?


Bon courage pour la suite de la route!


 


Guillaume



tata soso 07/05/2010 10:47



Merci merci de nous faire partager votre belle aventure!on en redemande!bisous à vous deux



lionel 2 bem dakar 06/05/2010 09:43


lol suis deja parti au nigéria donc suis pas étonné par la corruption et le paysage du pays!!! Mais je suis tres dubitatif sur le fait que vous êtes pas fait plus plumés lol et sur le fait que vous
avez gagné des jeux de sociétés!! sinon bonen chance pour votre trip, les frères et même si on n'est plus ensemble.on a souvent de vos news grâce au blgo


pierre jacquelin 03/05/2010 12:50



Bon je vois que la quatarelle tient le choc. Vos photos sont superbes, on a envie d'y être... On aime aussi vos commentaires intéressants, bref vous nous faites voyager avec vous et c'est sympa.
Bonne route ménagez vous aini que votre "vieille dame"... La bise à vous 2 Pierre.